En novembre 2005, le CIG de NP a ordonné le déploiement d’une équipe de 5 intervenants civils de paix (ICP) à Mindanao pour une période de 18 mois. En août 2006, des consultations détaillées aux Philippines ont amené à une redéfinition du contexte du projet par l’équipe d’avant-garde NP menée par le directeur du projet, Atif Hameed. Un conseil consultatif de représentants des populations locales a été tenu et six sites potentiels ont été sélectionnés pour l’installation de bureaux de terrain. Quelques activités dérivées du mandat de NP, que le projet pourrait mener, ont également été proposées. Depuis, plusieurs événements politiques majeurs ont eu lieu à Mindanao et ont eu un impact sur le travail de NP.
Le projet Philippines de NP a officiellement été lancé le 1er mai 2007. Après une formation sur place d’une durée d’un mois au bureau principal, à Cotabato, les ICP ont été assignés à deux sites sur le terrain conformément aux priorités définies par le rapport de l’équipe d’avant-garde. Les bureaux de Mindanao Centre et de Sulu sont désormais tous deux opérationnels. Désormais, l’équipe du projet compte 6 membres internationaux et 11 membres nationaux ou locaux.
Le CIG a accueilli favorablement une proposition d’expansion du projet lors de la conférence de Nairobi en septembre 2007 et a approuvé une augmentation des effectifs internationaux qui passeront ainsi de 5 à 29 membres en 3 à 4 ans, au fur et à mesure que les fonds nécessaires seront obtenus.
Situation du conflit
Les groupes rebelles qui se sont formés au sein de la population musulmane (devenue minoritaire à Mindanao au cours du siècle dernier) se battent pour obtenir leur autonomie et leur indépendance dans une République des Philippines par ailleurs majoritairement chrétienne.
Principale guérillaaux Philippines, le Front moro de libération nationale, ou MNLF, qui a été à l’initiative du combat pour la libération moro au début des années 70, a signé un accord de paix final avec le gouvernement philippin en 1996. Aujourd’hui, ils font partie intégrante des gouvernements des provinces qui constituent la « Région autonome du Mindanao musulman » (ARMM). Le Front moro islamique de libération (MILF), qui est issu de la scission du MNLF en 1977 et dont l’existence a été officiellement reconnue en 1984, a poursuivi le combat et il est entré en pourparlers de paix avec le gouvernement en janvier 1997. Les accords de cessez-le-feu et les négociations entre le gouvernement et le MILF ont été rompus à plusieurs reprises. En juillet 2003, le gouvernement a signé un nouvel accord de cessez-le-feu avec le MILF avant la tenue de négociations en Malaisie, et a établi des mécanismes et des structures pour le contrôle du cessez-le-feu.
Les négociations entre le gouvernement et le MILF ont abouti à une impasse à plusieurs reprises et ont, encore récemment, échoué à trouver un consensus sur des questions de territoire ancestral. En novembre 2007, une rencontre tripartite très attendue a eu lieu à Jeddah en Arabie Saoudite entre le gouvernement philippin, l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et le MNLF pour faire le bilan de la mise en œuvre de l’accord de paix signé en 1996, mais la réunion tripartite de suivi qui était prévue en janvier 2008 n’a pas pu avoir lieu. Les tensions entre les trois parties ont plusieurs fois entraîné des confrontations armées (à l’échelle locale) à Mindanao et sur les îles de Sulu et de Basilan où d’autres petits groupes plus radicaux (tels Abu Sayyaf) sont eux aussi actifs. Bien que les avancées du processus de paix semblent précaires, les organisations de la société civile font leur possible pour mobiliser toutes les parties impliquées dans le conflit à Mindanao en faveur des « avancées du processus de paix ».
Mandat et objectifs du projet
Le mandat tel qu’il a été approuvé par le CIG
Objectifs spécifiques
Activités pour atteindre les objectifs spécifiques
Formation sur place (ICT)
La formation sur place a été organisée dans le bureau principal de NP à Cotabato afin de rendre le bureau opérationnel et le faire connaître de toutes les personnes intervenant dans le processus de paix. Des représentants du gouvernement philippin, du MILF, du MNLF, des partenaires de la société civile et de l’intelligentsia ont été invités au bureau de NP pour donner aux ICP des indications sur leur groupe, leur mandat et leur travail. La formation sur place a été conçue par le directeur de projet en collaboration avec le directeur des programmes, le responsable de la communication et d’autres partenaires clefs du projet. La formation des ICP a notamment porté sur l’histoire du conflit à Mindanao, sur les parties impliquées, sur le rôle et les activités de la société civile, sur les procédures opérationnelles de NP (parmi lesquelles on compte des procédures de sécurité) et les activités qui s’inscrivent dans le cadre du programme ; à cela s’ajoutaient des visites de sites à forte visibilité ou en toute discrétion et une formation aux premiers secours. Le programme de la formation sur place est également disponible.
Conseil consultatif et autres entités consultatives
Le projet Mindanao de NP s’est posé en exemple dans la région en établissant son Conseil consultatif au niveau de Mindanao ainsi que des entités consultatives additionnelles au niveau de chaque site sur le terrain. Ces organes consultatifs regroupent des leaders de la société civile, des représentants des partenaires de NP, des activistes, des leaders communautaires, des représentants des populations locales des groupes de femmes et de jeunes. Ils ont participé à la conception et à la mise en œuvre du projet et ont contribué à assurer sa viabilité.
La première réunion du Conseil consultatif a eu lieu le 21 mai 2007, et la mission définie ci-dessous a été confiée au Conseil consultatif à l’unanimité.
Liste finale des fonctions accordées au Conseil consultatif :
Communication : le groupe « NP Mindanao », np-mindanao@npogroups.org (qui sera opérationnel d’ici peu). Il y aura des échanges constants entre le Conseil et le personnel de NP, via téléphone, SMS et e-mail. Les informations pertinentes concernant les événements sur le terrain seront diffusées par la personne qui les aura collectées.
Fréquence des réunions : le Conseil se réunira tous les trois mois.
La deuxième réunion du Conseil consultatif s’est tenue trois mois plus tard, en septembre 2007, et des sessions de travail de planification ont eu lieu pour davantage approfondir les points sur lesquels une collaboration est possible. Tous les membres du conseil ont apprécié les contributions de NP durant la crise sur l’île de Basilan, et certains ont déclaré : « Nous avons pu constater qu’en temps de crise, les équipes de NP parvenaient à intervenir dans des zones reculées où les populations locales, elles, ne peuvent intervenir ». Les membres du Conseil ont apprécié la façon unique dont NP promeut la responsabilité envers la société civile locale et a déclaré apporter son soutien à l’ensemble des travaux de NP à Mindanao par l’intermédiaire de ses contacts au niveau local et plus largement. Le chef des Mindanao Peace Weavers (MPW), le réseau des réseaux de la société civile, a déclaré que le Conseil consultatif de NP contribuera à renforcer les différents courants de la société civile à Mindanao.
Suite à la décision d’installer un bureau NP à Jolo, sur l’île de Sulu, un conseil consultatif formel a été constitué sur le schéma du Conseil consultatif existant déjà au niveau de Mindanao pour que le travail de NP à Sulu soit bien accepté et que la légitimité de NP soit reconnue, et pour renforcer les capacités des organisations de la société civile locale dans leur travail de maintien civil de la paix.
Au bureau NP d’Elian/Dapiawan, un groupe de représentants des partenaires locaux de confiance a été constitué et participe à l’élaboration de plans et aux activités quotidiennes de l’équipe en tant que conseil consultatif informel.
Les autres objectifs spécifiques sont atteints grâce aux efforts conjoints du bureau principal de NP et de ses bureaux de terrain
Bureau principal de NP
Le bureau principal de NP à Cotabato est constitué du directeur du projet, d’un responsable de la communication et d’un responsable administratif et financier. Le bureau partage régulièrement les dernières informations collectées sur le terrain avec les structures de coordination des accords de cessez-le-feu du gouvernement, le Front moro islamique de libération, l’équipe d’observation internationale, les partenaires locaux de la société civile au niveau du Conseil consultatif, et enfin, les agences internationales et ambassades de confiance. Le but de ces mises en commun est de renforcer les relations de travail, tant au niveau des quartiers généraux que sur le terrain. En même temps, le bureau principal de NP est aussi en contact constant avec les dirigeants politiques des principales parties impliquées dans le conflit dans le Mindanao Centre et Ouest, notamment le Front moro de libération nationale et les collectivités locales.
Dans le but de renforcer la légitimité de NP et son acceptation, le bureau principal a établi des relations de travail crédibles avec différentes branches du gouvernement philippin tels que le Bureau du conseiller du président pour le processus de paix, le ministère de la Défense nationale, le Conseil de sécurité national, le ministère des Affaires étrangères, les Forces armées et la Police nationale.
Le bureau principal de NP a soutenu les bureaux qui se mettent en place sur le terrain dans le Mindanao Centre et à Sulu en s’occupant de la formation sur le terrain du personnel NP, en participant directement sur le terrain, en fournissant un soutien logistique, en négociant avec des personnes clef sur le terrain, en concevant une stratégie de communication NP et en accompagnant la mise en place des bureaux sur le terrain conformément au mandat NP, aux procédures de travail et au code de conduite définis. Le bureau principal a joué le rôle de lien entre le Conseil consultatif, les entités qui lui sont affiliées et les bureaux de terrain. Il est aussi le lien entre le projet Mindanao et NP International.
Le directeur du projet a fourni aux ICP et au personnel local une série de formations sur les systèmes d’alerte et de réponse rapides (Early Warning Early Response ou EWER) lors d’interventions au sein des communautés, et a donné des indications à des partenaires de NP, des personnes influentes au sein du gouvernement philippin, du MILF, du CCCH et de l’équipe internationale d’observation. Tous ont apporté un soutien sans réserve au programme d’alerte rapide. Un de nos partenaires clef, un think tank reconnu, va organiser une conférence sur l’alerte rapide la dernière semaine de février 2008 en collaboration avec NP et invite tous les dirigeants du gouvernement, du MILF, de l’équipe internationale d’observation, des organisations de la société civile et des donateurs à soutenir officiellement ce programme. Le système d’alerte et de réponse rapides lors d’interventions au sein des communautés est une structure de base connectée à des échelons supérieurs du mécanisme de cessez-le-feu. Ce système sert, d’une part, à analyser, grâce à des outils d’évaluation quotidienne de la situation, les scénarios à risque dans les communautés frappées par le conflit ou susceptibles de l’être, et, d’autre part, à prévenir à l’avance les groupes travaillant sur les mécanismes de cessez-le-feu et les questions de protection des civils. Son but est de prévenir et de contrôler, par des efforts bien coordonnés, les scénarios à risque susceptibles d’entraîner un nouveau cycle de violence. Le projet Mindanao de NP en collaboration avec des partenaires a déjà commencé à identifier des individus et des observateurs de la paix, et à les former au système d’alerte et de réponse rapides lors d’interventions au sein des communautés, tant dans les barangays (plus petite unité administrative) qu’au niveau municipal dans les zones sensibles situées dans le périmètre d’action de NP. Au fur et à mesure que le système d’alerte et de réponse rapides se mettra en place, des observateurs de la paix sur place au plus bas niveau de la communauté seront formés et systématiquement mis en relation avec les organisations de la société civile travaillant pour la paix et la défense des droits humains, avec les structures pour le respect des accords de cessez-le-feu et les collectivités locales, pour maintenir la paix dans leur circonscription respective.
Le bureau principal s’apparente de plus en plus à un bureau de terrain par sa collaboration avec toutes les organisations de la société civile basées à Cotabato et par sa participation à leurs forums. Il visite aussi des zones à risque sur le terrain et collecte de nombreuses plaintes pour violation des droits humains et autres actes de violence. Le volume de ces affaires a augmenté progressivement car de plus en plus de gens entendent parler de NP et de sa mission. NP reçoit quatre à cinq fois par semaine des demandes d’extension de son périmètre d’action venant de représentants de la société civile, d’observateurs du cessez-le-feu et de communautés.
Le bureau principal est en relation constante avec d’importants donateurs potentiels, aux Philippines et à l’étranger, et cela prend notamment la forme de rencontres personnelles que les membres du bureau ont pu faire chacun de leur côté pour accroître l’intérêt porté à NP. Plusieurs propositions (écrites en collaboration avec le bureau de NP à Bruxelles et le directeur des programmes) ainsi que des mises à jour régulières faites sur le terrain leur ont été soumises.
Bureau de Mindanao Centre
Pour Mindanao Centre, un site pour l’installation d’un bureau de terrain a enfin été choisi dans la zone du barangay Elian/Dapiawan (Datu Saudi Ampatuan) car il répond aux attentes du mandat qui a été établi pour NP. Il y a eu beaucoup à faire sur le terrain pour s’assurer d’être bien accepté par toutes les parties au conflit, par les communautés locales, les chefs traditionnels, etc. Certes, la présence de NP dans cette région a été bien accueillie par la société civile, les communautés et la plupart des parties impliquées, mais des difficultés sont apparues avec certains représentants du MILF sur le terrain et avec le maire d’une des municipalités comprises dans la zone d’action de NP. L’équipe d’ICP et le bureau principal ont travaillé main dans la main pour gérer les problèmes suscités par les personnes susmentionnées. Le bureau de terrain est situé dans une zone sensible, près d’une frontière entre une zone tenue par les Forces armées des Philippines et une zone tenue par le MILF. L’équipe de Mindanao Centre (EMC) couvre des zones sensibles sur les municipalités de Datu Saudi, Datu Piang, Midsayap, et certains secteurs de la municipalité de Mamasapano.
L’équipe d’ICP de Mindanao Centre a été présentée les chefs sur le terrain de tous les camps, aux structures d’observation du cessez-le-feu, aux représentants de l’État locaux, aux organisations communautaires et aux civils ordinaires à au sein et autour du périmètre d’action du bureau. En plus de nouer des relations, l’équipe d’ICP a réalisé une analyse du conflit et a cartographié les autres zones vulnérables ayant des antécédents de violence dans les environs du périmètre du bureau de terrain. Après une phase d’exploration exhaustive et approfondie et de constitution de relations avec l’ensemble des acteurs des zones isolées de Mindanao Centre, NP s’est finalement installée dans les locaux du bureau de terrain de Mindanao Centre au mois d’octobre 2007. Les ICP et le personnel local engagé suite à une évaluation minutieuse ont directement participé à la rénovation du bureau de terrain selon les standards de la communauté.
Un groupe permanent (sous la forme d’organe consultatif informel) de représentants et partenaires locaux de confiance a déjà été formé et participe aux activités et projets quotidiens de l’équipe. Des traducteurs et des facilitateurs locaux capables d’accroître la visibilité de NP au sein des communautés ont été recrutés. Après une phase laborieuse de brainstorming et d’apprentissage sur le terrain, l’équipe a déterminé, avec l’aide du bureau principal, des points de départ pour leur action et des questions clef concernant la protection civile auxquels elle peut répondre à court ou à long terme grâce à des stratégies adaptées.
L’équipe de Mindanao Centre de NP a réalisé les activités suivantes :
Bureau de Sulu
Après la formation sur place, le mandat de l’équipe d’ICP de Sulu consistait à explorer plus en profondeur les possibilités d’ouvrir un nouveau bureau de terrain à Jolo, en tenant compte des questions de sécurité. À Sulu, il y a une forte présence d’acteurs armés allant des Forces armées des Philippines, à la marine américaine, en passant par le MNLF et des éléments « hors-la-loi ». La fréquence des opérations militaires et des affrontements armés est également élevée. L’Australie prévoit de déployer ses troupes afin de soutenir les États-Unis dans leur « guerre contre le terrorisme » à Sulu. Depuis l’isolement complet de l’île vis-à-vis de Mindanao et du monde extérieur, les communautés et les militants de la société civile désiraient fortement que NP y ouvre un bureau de terrain assurant ainsi une présence continue d’ICP.
L’équipe de Sulu a établi, en coordination avec le bureau principal, des relations sur le terrain avec les leaders de toutes les parties au conflit. Les FAP étant considérées comme l’acteur principal au sein du gouvernement, l’équipe a développé des relations de travail cordiales et positives avec le corps des officiers de l’armée à un niveau intermédiaire et plus élevé. L’équipe est restée en contact avec les dirigeants du MNFL à l’échelon provincial, renforçant ainsi les liens déjà bien établis par NP avec les hauts dirigeants. En coordination avec le bureau principal, l’équipe a fait part des préoccupations manifestées par certains acteurs concernant l’installation d’un bureau de terrain de NP à Jolo.
L’équipe a consulté des partenaires issus de la société civile de Sulu et des organisations internationales afin de déterminer comment une organisation telle que NP pouvait être efficace sur le terrain par le biais d’une présence active et consciente. Ils ont facilité l’accès de l’équipe d’ICP à des communautés affectées par le conflit à Jolo et des municipalités voisines. L’équipe a étudié les problèmes et les zones où le travail de NP pourrait pourrait porter ses fruits et a également réfléchi à un moyen de communication viable avec le bureau principal.
Un des objectifs clef de l’équipe d’ICP consistait à examiner les risques pour la sécurité et les obstacles que supposerait l’ouverture d’un bureau de terrain à Jolo. La stratégie adoptée a été de commencer par une présence ponctuelle à Sulu pendant des périodes allant d’environ une semaine à 20 jours. Le personnel du bureau principal de NP a accompagné l’équipe lors de ces visites de manière à lui permettre de mieux comprendre comment le mandat de NP est mis en œuvre sur le terrain. Le but était de tester progressivement l’impact de ces visites ponctuelles et de prendre une décision finale quant à l’ouverture d’un bureau après une réflexion approfondie.
En un mot, NP a reçu un certificat de sécurité de la part de toutes les autorités de Sulu et est parvenue à se déplacer dans Sulu et des zones voisines sans avoir à être escortée par les Forces armées des Philippines (tel que l’ont initialement suggéré les FAP). Les organisations partenaires à Sulu ont témoigné leur profonde gratitude envers NP en les soutenant par leur présence lors des affrontements armés ayant eu lieu à Sulu entre le GAS et les FAP en août et septembre 2007. Les groupes locaux qui travaillent sur les problèmes des droits humains ont présenté NP à des enfants et des adultes ayant été directement victimes de violations des droits humains. Selon un éminent défenseur des droits humains, « mon groupe et moi nous sentons en sécurité et confiants grâce à la présence de NP pour travailler sur des cas de violation des droits humains tels que les détentions arbitraires, les décapitations, les cas d’harcèlement et de torture, etc. » La personne mentionnée ci-dessus et son groupe, composé en grande partie de militantes, reçoit des menaces directes de groupes armés, en particulier des FAP.
L’équipe de NP présente à Sulu a réalisé, en concertation avec le bureau principal de NP, les activités suivantes après avoir ouvert un bureau de terrain à Sulu début novembre 2007 :
Présence à Basilan.
Durant la période d’évaluation à Sulu, l’explosion de violence entre les forces armées du gouvernement et du MILF, le 10 juillet sur l’île de Basilan, ont rappelé la forte probabilité qu’éclate une guerre totale entre les forces du gouvernement et du MILF à Mindanao. Au cours de cette période sensible marquée par une augmentation rapide des troupes armées des deux partis à Basilan, alors que l’île n’entre pas dans le cadre de la structure du mécanisme du cessez-le-feu et qu’elle ne dispose d’aucune présence internationale, toutes les organisations partenaires ont demandé à NP d’y envoyer son équipe afin de maintenir une présence active et consciente internationale et de renforcer le rôle des organisations de la société civile. Après de profondes réflexions et consultations avec tous les partenaires, les autorités et les organisations de la société civile situées à Basilan, l’équipe NP de Sulu de ainsi que le directeur du projet et le responsable de la communication se sont rendus à Basilan. L’équipe de NP ainsi que les partenaires locaux se sont réunis avec des personnalités locales telles que des maires, des chefs de barangay, des conseillers municipaux, ainsi que des organisations communautaires et des communautés affectées par le conflit. L’équipe a établi des contacts journaliers avec le commandant de la Task Force Thunder à Basilan et a fourni des mises à jour régulières au gouvernement, au MILF, au CCCH et aux organisations de la société civile partenaires. L’équipe et des partenaires locaux ont visité des camps d’évacués, notamment ceux qui ont été isolés et placés près des zones fantômes affectées par le conflit. L’équipe de NP a transmis les inquiétudes des évacués aux autorités civiles et militaires compétentes et aux organisations nationales et internationales concernées. L’équipe a régulièrement rendu visite aux communautés qui étaient prêtes à abandonner leur barangay en cas d’affrontement entre les forces du gouvernement et du MILF. Elle a activement participé à une série de réunions d’organisations de la société civile à Basilan afin d’élaborer des stratégies et un plan d’action concernant la protection civile et d’autres questions de sécurité humaine.
L’équipe de NP a accompagné le rassemblement et le défilé pour la paix organisé par des membres d’organisations de la société civile dans la municipalité affectée par la violence et située à la frontière de la zone du conflit. Le maire, des membres de la société civile, des chefs de barangay, des enfants et des personnalités étaient présents au rassemblement afin de montrer leur engagement pour la paix et leur demande de solutions pacifiques à la crise de Basilan. Les médias ont couvert le rassemblement pour la paix et une courte interview leur a été donnée en réponse à leur demande d’informations concernant la présence de NP au rassemblement. Lors de cet entretien, le directeur du projet a expliqué les raisons de la présence de NP à Basilan et expliqué son mandat. Plus tard dans la soirée, le rassemblement était diffusé au journal télévisé international et NP apparaissait dans le bulletin d’informations.
Les organisations de la société civile et l’organisation du mécanisme de cessez-le-feu ont été sensibles à la présence active et consciente internationale de NP à Basilan au sommet de la crise. Selon un membre important de l’organe consultatif, NP a contribué avec d’autres personnes à éviter l’intensification de la guerre à Basilan et d’autres zones de Mindanao.
Actuellement, l’équipe de Sulu de NP maintient, en coordination avec le bureau principal, une présence sporadique à Basilan, et ce à la demande des groupes locaux, des organisations de la société civile et des ONG partenaires à Mindanao. Un des partenaires clef du projet de NP, le réseau CBCS, a invité NP à faire partie du comité directeur de la nouvelle force opérationnelle de Basilan composée de représentants d’organisations de la société civile et de collectivités locales. NP a été invitée par le président du CCCH du gouvernement à se joindre à la Joint Monitoring Assistance Team, l’équipe mixte d’observation et d’assistance, récemment créée.
Relation avec les parties prenantes clef
En général, l’équipe du projet Mindanao de NP a eu un contact irrégulier avec la hiérarchie des parties prenantes clef impliquées dans les processus de paix de Mindanao. Toutes ont bien accueilli le projet de NP à Mindanao et ont montré leur soutien depuis leur camp respectif.
Sigles
ARMM - Région autonome du Mindanao musulman
BIAF - Forces armées islamiques Bangsamoro
CBCS - Consortium of Bangsamoro Civil Society
CCCH - Comité mixte de coordination pour la cessation des hostilités
CIG - Conseil international de gouvernance
EMM - Équipe de Mindanao Centre
FAP - Forces armées des Philippines
ICP - Intervenant civil pour le maintien de la paix
MILF - Front moro islamique de libération
MNLF - Front moro de libération nationale
MPC - Mindanao People’s Caucus
NP - Nonviolent Peaceforce
NSC - Conseil de la sécurité nationale
PAM - Programme alimentaire mondial
PNP - Police nationale des Philippines