Rapport du Colombia Working Group – Janvier 2006

Suite à la réunion de l’International Governing Council (IGP) de Nonviolent Peacefore (NP) au Guatemala en août 2005, pendant laquelle la mise en place du “Colombia Working Group” (Groupe de travail Colombie) fut approuvée, le coordinateur d’Amérique Latine et des Caraïbes a commencé à renforcer le travail effectué autour des nombreuses violences commises dans les communautés rurales de Colombie. Ces communautés se trouvent plongées dans un conflit qui a dejà fait de nombreuses victimes : assassinats, enlèvements d’enfants pour les enroler dans des groupes armés, viols, déplacements des populations, etc.

Le “Colombia Working Group” est né de ce processus. Il est composé d’organisations collegiales internationales, ayant de l’expérience dans le domaine de l’aide en Colombie, comme PBI ou FOR. De plus des organisations colombiennes comme SUIPCOL, des personnes étrangères et des membres de l’IGC ont été invités à participer à ce groupe spécial de personnes qui apporteront leur aide en partageant des idées, des expériences et des suggestions pour le dévelopement adéquate de ce groupe de travail.

Le coordinateur d’Amérique Latine a été invité par Peace Community de Jose de Apartado à participer à la deuxième rencontre “Communities of Peace in Resistance”. Ce voyage a été très important pour le rapprochement des relations entre les organisations nationales et internationales en Colombie et les communautés rurales demandeuses d’accompagnement international de la part de Nonviolent Peaceforce.

Ces premières étapes de dialogue et d’enquête leur ont permis d’identifier plusieurs des menaces principales qui touchent quotidiennement les communautés rurales colombiennes ainsi que des initiatives de paix qui pourrraient résoudre de manière NON VIOLENTE les situations de guerre.

MENACES PRINCIPALES TOUCHANT LES COMMUNAUTES

TYPE D’AGRESSION PHYSIQUE
Concerne les individus et les collectivités. Par exemple : assassinats, persécutions, enlèvements, menaces personnelles et collectives, déplacements, vols, mises à l’écart, stigmatisation, etc.

TYPE D’AGRESSION PSYCHOLOGIQUE CONTRE INDIVIDUS ET COMMUNAUTES
Terrorisme d’état, torture, massacres collectifs, détention d’individus ou de groupes, extorsion, maisons brûlées, enlèvements.

TYPE D’AGRESSION MILITAIRE Cela leur permet de maintenir un certain pouvoir qui comprend un contrôle quotidien sur la vie des habitants de la région, la mobilité, l’enlèvement d’enfants, le vol de bicyclettes et de radios, etc. afin de convaincre les enfants de rejoindre les groupes armés.

TYPE D’AGRESSION ECONOMIQUE – Blocus économique, prélèvement et vol de nourriture des populations locales, contrôle des produits qui entrent et sortent de leurs communautés.

TYPE D’AGRESSION JUDICIAIRE– Détention arbitraire de personnes, violations des processus juridiques, absence de communication, entrée illégale dans les bases de données du gouvernement.

TYPE D’AGRESSION CULTURELLE – Occupation, utilisation et destruction de bâtiments, symboles, temples, sites de rencontre et de méditation sacrés pour la culture indigène.

TYPE D’AGRESSION CONTRE L’HARMONIE DES COMMUNAUTES- Conflits de communautés dans certains cas.

TYPE D’AGRESSION CONTRE LE DROIT A L’INFORMATION ET A LA COMMUNICATION – Détentions arbitraires, absence de communication, absence d’information sur les raisons de la détention, etc.

TYPE D’AGRESSION CONTRE LE PROCESSUS ORGANISATIONNEL – Ils ont ignoré les procédures des organisations historiques Noires et Indigènes, n’ont pas respecté leurs processus et décisions.

TYPE D’AGRESSION CONTRE LES PROMESSES – “On tient toujours ses promesses” est l’une des valeurs sacrées des communautés indigènes et noires qui a été violée et brisée.

QUELQUES INITIATIVES PRESENTEES PAR LES COMMUNAUTES DE RESISTANCE A LA GUERRE : De façon claire et emphatique les communautés ont montré clairement qu’elles n’étaient pas pour les groupes armés, qu’elles n’étaient pas impliquées dans ces groupes et qu’elles demandaient à ce que leur processus de paix soit respecté.

  • Evènements, marches, regroupements et rencontres pour la paix et pour sensibiliser aux activités de paix.
    Projets d’auto-production de nourriture
    Des Gardes Indigènes parmi lesquels près de 7000 personnes indigènes offrent un “accompagnement” lors des réunions de communauté et ont secouru des dirigeants enlevés par des groupes armés.
    Recouvrement du droit personnel et ancestral à agir et à défendre ses droits, y compris le droit de juger les coupables de ces attaques et de les sanctionner. Soutenus par la constitution colombienne qui reconnaît ce droit.
    Assemblées communautaires
    Capacité de diriger des Conseils de la communauté.
    Early Warning System (Défense des peuples)
    Des femmes ont aidé des enfants-soldats à oublier leur traumatisme.
    Demande permanente de justice et de réparation à tous les niveaux ; refuser la supplication de l’ IMMUNITE
    La plus grande résistance provient de l’utilisation de “The Truth”, dans lequel la communauté concernée par les attaques, parle au niveau national et international et devient de ce fait crédible.
    Incidents au niveau national et international avec des accusations juridiques faites au niveau national et international.
    Formation offerte aux autres communautés en matière de méthodes démocratiques et dévelopement des méthodes de direction. Ces méthodes pourront alors être partagées avec les autres membres de la communauté
    Obtention de titres de propriété
    Confrontation des agresseurs
  • L’étape suivante pour le groupe de travail et le coordinateur d’Amérique Latine a été de choisir plusieurs communautés demandeuses d’accompagnement international. Dans certains cas, il fut decidé qu’il fallait peut-être enquéter sur elles dans le futur grace à Nonviolent Peaceforce pour un possible projet d’accompagnement international en Colombie.

    Après un long processus de sélection, d’analyse et d’évaluation, les régions suivantes ont été choisies pour enquête en février 2006 : Choco, Valle del Cuaca, Meta, del Caqueta et Antioquia.

    Ecrit par Alvaro Ramirez-Durini, coordinateur de l’Amérique Latine et des Caraïbes
    ramialvaro at yahoo.com.mx


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